Vous avez décidé de vous lancer dans l’aventure de l’écriture de votre récit de vie, mais une question essentielle vous taraude : combien de temps cela va-t-il prendre ? Entre 3 mois et 2 ans, la réponse dépend de nombreux facteurs que nous allons explorer ensemble dans cet article complet.
Se lancer dans l’écriture d’un livre, c’est tout un parcours que l’on ne fait pas à la légère. Il suppose une bonne préparation et un engagement sur la durée. D’après ce que je constate avec les personnes que j’accompagne en tant que coach en récit de vie, certaines mettent trois mois tandis que d’autres mettent deux ans pour finaliser leur projet.
Mais rassurez-vous : il n’existe pas de « bon » ou de « mauvais » temps. Chaque parcours est unique, et c’est justement ce qui fait la richesse et l’authenticité de votre récit. L’essentiel est de comprendre les facteurs qui influencent la durée de votre projet pour mieux vous organiser et, surtout, aller au bout de votre démarche.
1. L’ampleur de votre projet : de 50 à 300 pages
Un récit qui couvre 30 années de vie ne prendra évidemment pas le même temps qu’un récit qui en couvre 70. De même, si vous souhaitez raconter seulement une partie de votre vie – par exemple votre enfance, un moment difficile que vous avez traversé, ou un tournant dans votre vie professionnelle – vous mettrez beaucoup moins de temps à écrire votre récit.
Pour vous donner un ordre d’idée réaliste :
- Un récit de 50 à 100 pages : comptez 3 à 6 mois
- Un récit de 150 à 250 pages : prévoyez 6 mois à 1 an
- Un récit de 300 pages et plus : anticipez 1 à 2 ans
Une précision importante : ce n’est pas le nombre de pages qui fait la valeur d’un récit. Un récit de 80 pages peut avoir plus d’impact et de succès qu’un pavé de 300 pages qui risque d’endormir les lecteurs. Aujourd’hui, la tendance est même aux textes de plus en plus courts. Notre façon de consommer du contenu a changé – nous voulons tout, tout de suite et rapidement. Le mot « scroller » fait désormais partie des dictionnaires comme le Petit Robert, preuve de cette évolution.
L’exemple de Sophie
Sophie, 45 ans, voulait raconter son divorce et sa reconstruction. Elle a écrit un récit de 85 pages en 4 mois. « Je ne voulais pas tout raconter, juste cette période charnière. Résultat : un texte court mais intense que mes proches ont dévoré en une soirée. »
2. Votre fréquence d’écriture : le facteur décisif
C’est LE facteur le plus déterminant dans la durée de votre projet.
Si vous n’écrivez qu’une fois par mois, il est certain que vous mettrez bien plus de temps que quelqu’un qui écrit deux ou trois fois par semaine. C’est mathématique, mais c’est aussi une question de dynamique : écrire régulièrement vous permet de rester dans votre histoire, de maintenir le fil narratif et l’élan créatif.
À l’inverse, de longues pauses entre deux sessions d’écriture vous obligent à vous replonger dans votre récit à chaque fois, ce qui demande du temps et de l’énergie. La régularité est votre meilleure alliée pour avancer efficacement.
L’exemple de Jean-Pierre
Jean-Pierre, 58 ans, écrivait une fois par mois pendant 3 heures. Après 8 mois, il n’avait que 30 pages. « Je perdais trop de temps à me replonger dans l’histoire. » Quand il est passé à 2 sessions hebdomadaires de 1h30, il a terminé ses 200 pages restantes en 6 mois.
3. Votre aisance avec l’écriture
Si vous n’avez pas l’habitude d’écrire, cela demande naturellement un temps d’adaptation. Il faut trouver votre style, votre rythme, votre voix. Mais rassurez-vous : l’écriture est comme un muscle, elle se développe avec la pratique.
Vos premiers chapitres prendront probablement un peu plus de temps. Vous chercherez vos mots, vous hésiterez sur la meilleure façon de raconter telle ou telle scène. C’est tout à fait normal. Au fil des pages, vous gagnerez en fluidité et en confiance. Ce qui vous prenait trois heures au début ne vous en prendra plus qu’une au bout de quelques semaines.
L’exemple de Martine
Martine, 72 ans, n’avait jamais écrit autre chose que des listes de courses. « Mon premier chapitre m’a pris 3 semaines. J’effaçais tout, je recommençais sans cesse. » Trois mois plus tard, elle écrivait un chapitre par semaine. « C’est devenu naturel, les mots coulent maintenant. »
4. Le trop-plein d’émotions : respectez votre rythme
Certaines périodes de vie sont plus difficiles à écrire que d’autres. Les passages douloureux – séparations, deuils, épreuves, trahisons – nécessitent parfois des pauses, du recul, une certaine mise à distance émotionnelle.
Il n’est pas toujours facile de replonger dans des souvenirs qui font mal. Vous pourriez avoir besoin de temps pour digérer certaines émotions qui remontent à la surface. Votre rythme d’écriture sera probablement ralenti lors de ces chapitres sensibles, et c’est tout à fait normal – voire souhaitable.
N’oubliez pas que l’écriture d’un récit de vie est aussi un travail thérapeutique. Il vaut mieux avancer lentement et sereinement que de se forcer et risquer l’abandon du projet.
L’exemple de Thomas
Thomas, 63 ans, écrivait sur la perte de son fils. « J’ai dû arrêter pendant 2 mois quand je suis arrivé au chapitre de l’accident. C’était trop dur. Puis j’ai repris, doucement. Ce chapitre m’a pris 5 semaines alors que les autres, c’était une semaine maximum. »
5. La phase de relecture et de réécriture : ne l’oubliez pas !
On a trop tendance à oublier cette étape lorsque l’on se lance dans l’écriture d’un récit. Elle est pourtant essentielle pour obtenir un texte abouti et agréable à lire.
Une fois que vous avez tout écrit, il vous faudra relire, corriger, réécrire certains passages pour affiner votre style, éliminer les répétitions, améliorer la cohérence narrative et peaufiner la mise en page.
Voici un chiffre qui va peut-être vous étonner : cette phase de relecture et de réécriture représente environ 20 à 30 % du temps total consacré à l’écriture d’un récit de vie.
Alors, avant de vous lancer, prenez bien ce temps en compte dans votre planification. Ne sous-estimez pas cette étape finale qui transformera votre manuscrit en véritable livre.
Les 3 scénarios réalistes pour votre projet
Pour vous aider à mieux visualiser votre parcours, voici trois scénarios types basés sur mon expérience d’accompagnement de nombreux auteurs de récits de vie.
Scénario 1 : Le rythme express (3 à 6 mois)
Profil idéal : Vous écrivez régulièrement, plusieurs fois par semaine, et vous avez déjà une bonne pratique de l’écriture.
Temps à consacrer : Environ 5 à 8 heures par semaine.
À qui ça convient ? Ce rythme convient particulièrement aux personnes retraitées (bien qu’elles aient souvent un agenda de ministre !) ou à celles qui ont décidé de faire de leur projet d’écriture une véritable priorité.
Je suis persuadé que lorsque l’on veut vraiment trouver du temps, on le trouve toujours. C’est une question de priorités et d’organisation.
L’exemple de Marie
Marie, 68 ans, retraitée de l’enseignement, a écrit ses mémoires (180 pages) en 5 mois. Elle écrivait tous les matins de 9h à 12h, 5 jours par semaine. « C’était devenu ma routine du matin, comme d’autres font leur jogging. J’ai adoré cette discipline. »
Scénario 2 : Le rythme équilibré (6 mois à 1 an)
Le rythme le plus courant et celui que je recommande le plus.
Profil idéal : Vous écrivez 2 à 3 fois par semaine.
Temps à consacrer : 2 à 3 heures par session d’écriture.
À qui ça convient ? C’est un rythme qui permet de concilier l’écriture avec une vie professionnelle et personnelle active. Il laisse aussi le temps nécessaire à la réflexion et à la maturation de votre récit – et c’est essentiel. Parfois, il faut laisser reposer certains chapitres avant d’y revenir avec un regard neuf.
L’exemple d’Éric
Éric, 51 ans, cadre commercial, écrivait le mercredi soir et le dimanche matin (environ 5h par semaine). Il a terminé son récit de 220 pages en 10 mois. « Ce rythme était parfait. J’avais le temps de réfléchir entre deux sessions, et ça ne bouffait pas toute ma vie. »
Scénario 3 : Le rythme marathon (1 à 2 ans ou plus)
Certains projets prennent naturellement plus de temps, et ce n’est absolument pas un problème. Plusieurs raisons peuvent expliquer ce rythme plus lent :
- Vous consacrez moins de temps à l’écriture, même si c’est un projet important pour vous
- Vous avez besoin d’écrire à votre rythme, de marquer souvent des pauses pour digérer les émotions
- Vous avez choisi un projet ambitieux : tout explorer de votre vie, ne rien laisser dans l’ombre
- Les contraintes de la vie (professionnelles, familiales, santé) limitent le temps disponible
Ce rythme n’est pas synonyme d’échec ou de manque de sérieux. Au contraire, il témoigne souvent d’une grande exigence et d’une volonté de faire les choses en profondeur.
L’exemple de Laurent
Laurent, 76 ans, a mis 2 ans et demi pour écrire 380 pages sur ses 50 ans de carrière d’ingénieur. Il écrivait quand il en avait envie, parfois une fois par semaine, parfois rien pendant un mois. « Je voulais que chaque détail soit juste. Ce livre, c’est pour mes petits-enfants, il fallait qu’il soit parfait. »
5 conseils pour optimiser votre temps d’écriture
Conseil n°1 : Créez une routine d’écriture
Ne cherchez pas à avoir de longues plages de temps libre. Il vaut mieux écrire 30 minutes régulièrement que 3 heures de manière sporadique.
Choisissez un créneau fixe dans votre semaine et tenez-vous-y. Que ce soit tous les mardis soir, tous les samedis matin ou trois fois 30 minutes en fin de journée – peu importe. L’essentiel est la régularité.
Si j’avais un seul conseil à vous donner, ce serait celui-là : écrivez régulièrement.
Conseil n°2 : Commencez par un plan chronologique
Avant de vous lancer dans l’écriture, établissez une chronologie de votre vie. Notez les grandes périodes, les événements marquants, les tournants décisifs.
Cela vous fera gagner un temps précieux. Dans ce voyage intérieur que vous allez effectuer, ce plan vous servira de guide, de carte routière. Il vous montrera le chemin et vous évitera de vous perdre dans les méandres de vos souvenirs.
Conseil n°3 : Utilisez la méthode des « fragments »
Ce n’est pas parce que vous avez fait un plan chronologique que vous êtes obligé d’écrire dans un ordre chronologique.
Quelle que soit la période où il s’est déroulé dans votre vie, écrivez le chapitre qui vous paraît le plus urgent, celui qui vous démange, ou celui qui est le plus frais dans votre mémoire. L’inspiration est une denrée précieuse : profitez-en quand elle se présente.
Une fois votre récit entièrement écrit, vous n’aurez plus qu’à remettre tous les morceaux dans l’ordre. Cette approche libère la créativité et évite les blocages.
Conseil n°4 : Acceptez le premier jet imparfait
Ne passez pas des heures sur chaque phrase lors de votre première écriture. Le premier jet doit sortir, même imparfait, même avec des fautes, même avec des passages un peu brouillons.
Vous peaufinerez tout cela lors de la relecture. Cette approche vous fera gagner énormément de temps et limitera considérablement les blocages. Beaucoup d’apprentis auteurs s’arrêtent en chemin parce qu’ils veulent que chaque mot soit parfait dès le départ. C’est l’erreur à ne pas commettre.
Écrivez d’abord, perfectionnez ensuite.
Conseil n°5 : Fixez-vous des objectifs réalistes et fractionnés
Mettez-vous un cadre en fixant des dates butoir, mais restez souple. Par exemple : « Je veux avoir terminé le deuxième chapitre le 31 mai. »
Des objectifs fractionnés sont moins impressionnants et plus motivants qu’un objectif global du type « finir mon livre cette année ». Chaque petit objectif atteint est une victoire qui vous donnera l’élan pour continuer.
Et si vous dépassez la date ? Ce n’est pas grave. Ne vous mettez pas non plus la pression. Ce serait contre-productif et pourrait vous dégoûter du projet. L’objectif est de vous aider à avancer, pas de vous stresser.
Vous avez besoin d’un accompagnement personnalisé ?
Si vous vous retrouvez dans l’une de ces situations :
- Vous tournez en rond depuis plusieurs mois sans vraiment avancer
- Vous ne savez pas comment structurer votre récit de façon cohérente
- Vous avez du mal à passer certains blocages émotionnels
- Vous manquez de motivation et de régularité dans votre pratique
- Vous voulez un résultat vraiment abouti, de qualité professionnelle
Je peux vous accompagner sur cette route.
N’hésitez pas à prendre rendez-vous avec moi pour un entretien gratuit et sans engagement. Nous parlerons de votre projet et de la façon dont je pourrais vous aider concrètement à le mener à bien.
En conclusion : prenez le temps qu’il vous faut
À la question « Combien de temps pour écrire sur sa vie ? », j’ai envie de vous répondre simplement : prenez le temps qu’il VOUS faut.
Il n’y a pas de chronomètre, pas de course contre la montre, pas de norme à respecter. Certains termineront en 6 mois, d’autres mettront 3 ans. L’important n’est pas la vitesse, mais d’arriver au bout, de tenir votre engagement envers vous-même.
Cependant, pour arriver au bout, il faut bien commencer un jour. Et le manque de confiance est souvent un frein majeur. On reporte constamment, en se donnant comme prétexte le manque de temps ou la peur de ne pas être à la hauteur.
Si vous êtes prêt à vous lancer, dans un premier temps ne soyez pas trop exigeant avec vous-même. Commencez petit : par exemple, écrivez d’abord une demi-heure par semaine. Puis une heure. Une fois que vous aurez pris le rythme, augmentez progressivement le temps consacré à votre projet.
Le plus important est de faire le premier pas. Ensuite, un pas après l’autre, vous arriverez à destination.
Votre histoire mérite d’être racontée. Donnez-lui le temps qu’elle mérite, mais donnez-lui surtout la chance d’exister.
Bonne écriture !
FAQ – Écrire sa vie
Combien de temps faut-il pour écrire une autobiographie complète ?
En moyenne entre 6 mois et 2 ans selon la longueur du livre et la fréquence d’écriture.
Peut-on écrire son récit de vie en 3 mois ?
Oui, si le projet est court (moins de 100 pages) et si vous écrivez plusieurs fois par semaine.
Combien de pages pour un récit de vie ?
Ne vous souciez pas du nombre de pages. Ce qui faitl’intérêt d’un livre, c’est son contenu. Un livre d’une centaine de pages peut avoir beaucoup de succès.
Est-il possible d’écrire sa vie sans être accompagné par un professionnel ?
Oui, mais un accompagnement permet souvent de gagner du temps, d’éviter les blocages et d’obtenir un résultat plus structuré.