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Raconter son histoire dans un livre, écrire sa biographie, rédiger ses mémoires ne coulent pas de source. C’est avant tout une démarche courageuse qui oblige à regarder sa vie en face en évoquant les bons, mais aussi les moins bons moments.

Qu’on le veuille ou non, on livre une certaine part de soi-même, une part de son intimité aux autres. Au départ, et c’est bien naturel,  il y a souvent beaucoup d’hésitations, d’interrogations, de doutes. On se demande si le jeu en vaut la chandelle. Si son récit intéressera quelqu’un. On peut craindre les jugements.

Ce sont autant d’obstacles sur le chemin de l’écriture. Et parfois, découragé avant même d’avoir commencé, on enterre son projet, on l’enfouit au fond de soi en s’efforçant de ne plus y penser. Dommage, car il est possible de surmonter ces obstacles. Comment ? Sans doute, en leur portant un autre regard !

 1- Mon récit n’intéressera personne

Je ne compte plus le nombre de fois où on m’a fait cette réflexion. Pourtant, l’intérêt d’une vie n’est pas lié à des réalisations matérielles, à la mise en place de grands projets ou à des exploits en tout genre. Pas besoin d’avoir posé un pied sur Mars pour écrire une histoire de vie qui passionnera les lecteurs.

Vous pouvez avoir eu un métier modeste ou pas de métier du tout, n’avoir jamais créé d’entreprises, jamais monté d’association, jamais rien fabriqué de vos mains, jamais vu la mer ou la montagne, jamais visité Paris, jamais dépassé les frontières de votre pays, ni même de votre région, pourtant votre vie peut se révéler passionnante.

Une vie passionnante est une vie riche en émotions. Ces émotions, si vous savez les faire passer dans votre récit, les transmettre à vos lecteurs, alors vous aurez fait l’essentiel. Mieux vaut une vie simple, mais intense intérieurement qu’une vie trépidante dans laquelle on n’a fait que courir dans tous les sens pour se donner l’illusion d’exister.

Bien sûr, il ne faut pas non plus se leurrer, si votre but est de diffuser votre livre auprès du public, vous intéresserez davantage certains éditeurs si vous avez marché sur la lune que si vous n’avez jamais quitté votre village. Mais si votre récit est sincère et rempli d’émotions, c’est un élément important qui pourra convaincre des éditeurs à la recherche d’ouvrages de qualité.

J’ajouterai une chose tirée de mon expérience : souvent, les auteurs qui font appel à mes services commandent modestement un petit nombre d’exemplaires  de leur livre, persuadés que leur prose n’intéressera pas grand monde.  Et dans la majorité des cas, ils doivent recommander des livres supplémentaires, car ils étaient loin de soupçonner l’intérêt que leur famille ou amis et même le public pouvaient porter à leur récit.

 2- C’est prétentieux d’écrire un livre sur soi

C’est également une réflexion que j’ai entendue. Si on raisonne comme cela, se faire tirer le portrait en photo, devrait aussi être considéré comme prétentieux. Et puis ce n’est pas parce que l’on raconte sa vie dans un livre que l’on se met obligatoirement en avant.

Ecrire est un acte créatif. Peindre un tableau ou écrire une chanson seraient alors prétentieux ?  Non, bien sûr et heureusement sinon personne n’oserait plus créer.

On peut être narcissique de mille manières sans pour autant écrire ses mémoires.

Plus que du nombrilisme, cela part surtout d’un élan de générosité. Une envie de partage :

  • Partager leur histoire avec des lecteurs,
  • Faire part d’une expérience de vie,
  • Témoigner pour encourager,
  • Montrer  que dans la vie il y a toujours des possibilités de s’en sortir,
  • Transmettre aux générations suivantes leur propre histoire …

Les autobiographies ne sont pas réservées aux stars, et c’est tant mieux.

Enfin, tout dépend de la façon dont on raconte sa vie. On peut la raconter avec beaucoup d’humilité sans prétendre être un modèle à suivre.

 3- Je ne sais pas écrire

Lorsqu’on me fait cette réflexion, je demande toujours : vous ne savez pas écrire ou vous n’aimez pas écrire ? La distinction me semble fondamentale :

Si on me répond « j’aimerais bien, mais je ne sais pas », je conseille tout de même d’essayer. Ce serait dommage de laisser se dresser cet obstacle devant un si beau projet.

Alors, voici mon conseil :  écrivez en lâchant prise! Oui, écrivez sans vous soucier ni du style, ni des fautes, car en écrivant vous faites l’essentiel : vous mettez à jamais vos souvenirs à l’abri.

Et même si votre style est maladroit, vous trouverez les mots justes pour parler d’une situation, traduire une émotion ou évoquer une ambiance. Bien sûr vos écrits devront être retravaillés par la suite.

Si vous n’avez pas le budget pour faire appel à un biographe, pourquoi ne pas confier votre texte à une personne de votre entourage qui manie bien la langue française et qui restera fidèle à votre texte  en se faisant l’interprète au plus juste de votre sensibilité.

Par contre, si vous n’aimez pas écrire, si vous ne vous sentez vraiment pas à l’aise avec l’écriture, ne vous forcez surtout pas. Cela serait contreproductif et occasionnerait une perte de temps bien inutile car le résultat serait décevant.

Je vous conseillerai plutôt de vous enregistrer avec un magnétophone. Là encore, vous ferez l’essentiel en sauvegardant vos souvenirs. Plus tard, vous pourrez alors faire appel à un professionnel pour écrire votre livre à partir de vos enregistrements.

 4- Je n’ai pas une mémoire toujours fidèle

 Lorsqu’on écrit un récit de vie, on risque d’oublier un certain nombre de faits, de situations, d’évènements. Tout simplement parce que les souvenirs n’arrivent pas sur commande.

Pour les faire venir, il ne suffit pas de claquer des doigts, ni même de se mettre la tête entre les mains comme on le ferait pour résoudre une équation, un problème mathématique.

Les souvenirs n’obéissent pas au doigt et à l’œil, mais surgissent au détour d’une pensée, le plus souvent par association d’idées. En écoutant une chanson, en regardant une photo, en respirant un parfum, en goûtant un aliment, en entendant une parole, etc.

Peu importe si vous avez oublié comment s’est déroulé un évènement, ce qui importe  ce sont les émotions que vous avez ressenties lorsqu’il a eu lieu.

Et puis les souvenirs qui vous reviennent spontanément, sans que vous ayez d’efforts à faire, sont peut-être les plus importants.  (Pas toujours, il est vrai, certains ont été enfouis dans le subconscient car ils nous dérangent. Mais bon, ce n’est pas le sujet de cet article et ce n’est pas de ma compétence.)

Si certains souvenirs ont déserté notre mémoire, nous pouvons au moins nous dire une chose : une autobiographie n’est pas un fourre-tout, pas davantage un dictionnaire où tout doit obligatoirement figurer. Un récit de vie n’est pas non plus une encyclopédie.

Ce ne sont pas le nombre de souvenirs collectés qui feront la qualité de votre récit. Il ne s’agit pas non plus de mener une enquête policière sur votre propre histoire. 

 5- Je ne sais pas par où commencer

    Ah, je ne compte plus le nombre de fois où j’ai entendu cette réflexion. Oui, en effet, par où commencer ?  Comment remplir cette page blanche qui n’en finit pas de nous narguer.

Comment lui mettre un peu de couleurs, lui donner meilleure mine ?

Que de questions !

A-t-on l’obligation de commencer par le début ?

 Non, vous n’avez pas l’obligation de commencer par le début.

Un plan détaillé est-il indispensable ?

Non, un plan détaillé n’est pas indispensable, inscrivez juste 4 ou 5 étapes qui vous semblent essentielles dans votre parcours.

Mais surtout commencez à écrire sans vous bloquer sur le style, les fautes, la construction, l’intérêt du contenu, le souci de ce que vont penser vos lecteurs …

Vous aurez le temps de revoir tout cela par la suite. Ce qui est important c’est de démarrer, d’écrire vos premières phrases même si vous ne les jugez pas parfaites. Ecrire en lâchant prise, c’est ce qu’on appelle « le premier jet ».

Au moins le train se sera élancé, vous aurez quitté le quai de la gare ! Une fois sur les rails, vous verrez que cela s’enchaînera presque naturellement. Encore une fois, le tout est de démarrer !

 6- Je crains la réaction des lecteurs, que vont-ils penser de moi ?

Ne cherchez pas à plaire !

Restez vous-même ! Autrement dit, écrivez avec votre personnalité.

C’est votre livre, c’est de votre vie qu’il s’agit, rien de plus légitime que de vouloir faire passer vos propres idées comme vous l’entendez.

Ne recherchez pas à tout prix l’assentiment des lecteurs sur votre façon d’être ou sur vos faits et gestes. On vous aimera ou on ne vous aimera pas, mais au moins, vous n’aurez pas laissé indifférent. L’indifférence n’est-elle pas la pire des choses ?

Écrivez ce que vous pensez sans vous soucier de ce qu’on pensera de vous, bien sûr tout en faisant attention à ne blesser personne gratuitement et en vous gardant de prôner une éthique contraire à la morale.

Vos lecteurs préféreront un auteur qui ne partage pas leurs idées mais qui est authentique à un auteur qui se coule dans le moule en écrivant un livre qui ressemble à des milliers d’autres.

Vous aurez des réactions positives, mais peut-être aussi quelques critiques.  Après tout, on ne peut pas plaire à tout le monde. Et c’est très bien ainsi. Seules les personnes qui n’agissent pas peuvent espérer échapper aux critiques … et encore !

La meilleure manière d’éviter les critiques serait de ne rien faire, mais avec votre projet d’écriture,  j’imagine que ce n’est pas ce que vous avez décidé.

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