Auteure d'une autobiographie

Abandonnée à la naissance, adoptée par un couple d’aristocrates qui se déchirent après la mort de leur fille unique, Diane est élevée entre Gênes, Cannes et Paris. Elle perd son père à quatorze ans et sa mère à vingt ans. Seule au monde, elle combat ses démons pour enfin croquer la vie et réaliser son rêve de famille “idéale”. Mais le secret de ses origines, ressurgi d’outre-tombe, viendra la hanter et la briser. Une enquête captivante, un témoignage poignant sur l’abandon sous toutes ses formes. Une quête obstinée du bonheur et une leçon d’espoir… Mais surtout le récit bouleversant d’une histoire vraie, à lire comme un roman.

 

Vous avez écrit « L’affaire Madeleine Vincente », s’agit-il d’une autobiographie ou d’un roman ?

Il s’agit d’une autobiographie mais que j’ai volontairement traitée à la manière d’un roman afin que ce soit plus agréable pour le lecteur. Ainsi, même si les dialogues sont rares, il y a une intrigue et un certain suspens qui donnent envie de passer au chapitre suivant, voire même de lire l’ouvrage d’une traite. C’est en tout cas ce que mes lecteurs ont rapporté.

Est-ce le premier livre que vous écrivez et que vous publiez ?

Ce n’est pas le premier livre que j’écris ; en revanche, oui, c’est le premier que j’aboutis et que je publie. Il y a quelques années, après avoir quitté le journalisme, j’avais écrit des nouvelles, commencé un premier roman, puis un second qui avait bien avancé, mais que j’avais décidé d’arrêter au milieu car il contenait de nombreux éléments autobiographiques trop difficiles à retraverser pour les écrire.  Je n’étais pas complètement mûre, je crois.

Quand avez-vous eu le projet d’écrire ce livre ?

Précisément en mai 2016, à Singapour. Deux éléments principaux ont été déclencheurs : j’ai lu La petite fille à la balançoire de Frédérique Bedos et fait quelques rapprochements avec mon parcours atypique. Il s’agit d’une autobiographie qui a rencontré un certain succès, et je me suis dit que la mienne valait peut-être le coup d’être partagée. Le second a été un test de QI qui m’a révélé que j’avais certaines capacités intellectuelles et m’a redonné confiance et l’envie de les exploiter alors que je traversais une période où je me dévalorisais énormément et ne croyais plus en moi.

Pourquoi avoir décidé de raconter votre histoire ?

Les raisons sont nombreuses et variées :

  • Lancer une bouteille à la mer (mère) pour tenter de faire jaillir la vérité et de percer un mystère qui je l’espère, s’éclaircira
  • Laisser une trace à mes filles qui souffriront peut-être un jour du vide sur lequel je me suis bâtie et qui fait partie intégrante de leur histoire
  • Partager mon histoire et mes techniques de survie et de résilience car je ne suis pas la seule à être née sous X, à avoir perdu mes parents très jeune, ni à souffrir de ce syndrome d’abandon et de cette fragilité face à la solitude
  • Placer ouvertement tous les éléments autobiographiques sensibles dans un même ouvrage, afin de pouvoir me consacrer, par la suite, à de la fiction pure.

Quel(s) message(s) avez-vous souhaité faire passer ?

Qu’on peut vivre heureux avec d’énormes failles, qu’il y a de nombreux moyens de survie et que le principal est l’espoir.

Combien de temps avez-vous mis à l’écrire ?

Précisément trois mois répartis sur six. Je l’ai commencé le 15 juillet 2016 à Singapour après avoir rendu les clés de notre maison de location, et l’ai achevé le 11 janvier 2017 à Paris. La première version, écrite de mi-juillet à mi-août était trop longue et bourrée d’anecdotes qui s’éloignaient du sujet principal. C’était une autobiographie quasi exhaustive qui n’avait d’intérêt que pour un cercle familial ou amical proche. Je l’ai même complétée et précisée de mi-septembre à mi-octobre, après avoir reçu notre déménagement à Paris et vérifié tous les faits et dates dans nos albums photos. Après un diagnostic littéraire plutôt négatif, j’ai tout repris mi-décembre, synthétisé et recentré autour de la trame de l’abandon et du secret, pour finir en janvier.

Qu’est-ce qui a été le plus difficile pour vous ?

De revivre les moments les plus douloureux de mon existence tels que la mort de ma mère, de rouvrir les blessures aussi. Mais cela m’a permis de mieux les comprendre, de les accepter en tant que telles, donc ce n’est que du positif au final.

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Avez-vous eu des moments de doutes, de découragement ?

Pas vraiment. J’étais bien décidée, cette fois, à aller au bout coûte que coûte. C’était devenu vital.

Quels conseils donneriez-vous à une personne qui souhaite raconter son histoire dans un livre ?

 

De s’y mettre au moins deux ou trois heures par jour et de laisser la plume agir. Selon moi, il est plus facile de raconter sa propre histoire que d’écrire un roman, car on sait déjà ce qu’il va s’y passer et quelle sera la chute. Dans un roman, il y a toujours une part d’autobiographie, surtout dans un premier roman où cette part peut prendre des proportions énormes. Donc souvent, il s’agit en fait de déguiser son histoire, de la cacher derrière d’autres faits, d’autres gens, d’autres intrigues, de brouiller les pistes en somme, de tout réinventer. De ce fait, on ne sait pas vraiment ce que l’on va raconter ni comment. C’est plus compliqué en tout cas, selon moi.

Malgré les épreuves que vous avez traversées, vous en retirez du positif. C’est donc avant tout un message d’espoir ?

Absolument.

Sur le plan personnel, quels bénéfices vous a apportés l’écriture de cet ouvrage ?

Comme peuvent l’être la musique, l’équitation, la méditation et bon nombre d’occupations, l’écriture, tout le monde le sait, est thérapeutique et libératrice. Elle m’a donc servi à me regarder en face, sans fard, à faire mon examen de conscience, à reconnaître ma part de responsabilité lorsque les choses n’allaient pas très droit. Au final, elle m’a apaisée, elle a permis de déposer certains bagages trop lourds en les couchant sur le papier, elle m’a permis de comprendre pourquoi je marchais de travers à certains moments, elle m’a assagie aussi, calmée dans mes excès. Elle a apaisé mes rancœurs et nettoyé mes plaies. Enfin, elle m’a permis de me pardonner mes erreurs et mes faiblesses, de me sentir vivante et de retrouver confiance en moi en allant au bout de cette démarche résolument magique.

Comment votre récit a-t-il été reçu par votre entourage proche ?

Plutôt très bien. Mes très proches savaient que ce livre était devenu vital pour moi et ils ont respecté mon choix même si c’était parfois pesant pour eux. Concernant le reste de la famille et les amis, le livre a été extraordinairement bien accueilli. J’ai reçu des messages et des appels incroyables qui m’ont fait un bien fou.

Avez-vous toujours eu l’intention de publier ou cette idée est-elle venue plus tard ?

Ça me trottait dans la tête depuis longtemps oui. Pour mes nouvelles, en 2003, j’avais rencontré un éditeur, mais tout s’est arrêté car nous sommes ensuite partis vivre aux États Unis. Pour Madeleine Vincente, j’étais sûre de vouloir le publier depuis le départ, mais je ne savais pas encore par quel biais.

Quel a été votre parcours pour le publier ?

Lorsque j’ai terminé le manuscrit, mi-janvier, j’ai appelé l’agent littéraire qui avait réalisé mon diagnostic, pour avoir son avis sur la publication justement. Éditeur traditionnel ou auto-édition ? Elle ne connaissait pas ma nouvelle version et se basait sur la première, qui était plutôt indigeste. Elle m’a donc tout de suite orientée sur l’auto-édition, en laissant transparaître que l’autobiographie d’une sombre inconnue n’intéresserait jamais personne. Je me suis alors dit : qu’à cela ne tienne ; je vais lui prouver qu’on peut s’auto-éditer et avoir du succès. Bref, j’ai lu quelques ouvrages spécialisés sur l’auto-édition, creusé toutes les options, hésité entre Librinova et BoD qui ont l’avantage de diffuser les ouvrages à la fois sur Amazon et autres sites de ventes en ligne et en librairies physiques (sur commande), et finalement opté pour le second. De là, j’ai intégralement conçu la maquette du livre, la couverture et la quatrième de couverture, en suivant les guides (très bien faits) de BoD, et très franchement, j’ai trouvé ça très amusant. Après avoir écrit, après m’être recentrée sur mon histoire pendant plusieurs mois, le fait de faire de la PAO équivalait à une bouffée d’air frais, sans compter que j’ai appris un tas de choses. Puis le temps des épreuves est arrivé, les dernières corrections, et mon livre était en vente.

Parallèlement et sur les conseils d’amis qui m’avaient déjà lue avant publication et dont le verdict était très positif, j’ai envoyé mon manuscrit à une petite dizaine d’éditeurs traditionnels. L’un d’eux me prenait (mais le livre sortait en ligne le jour même…), deux m’ont refusée, et j’attends encore le retour des autres.

Comment avez-vous fait la promotion de votre livre ?

J’y ai consacré tout mon temps pendant le premier mois. J’ai commencé par créer une page Facebook un mois avant la sortie du livre, où j’ai publié la photo de la couverture et le résumé, puis les trois premiers chapitres. Une sorte de teasing. J’ai ensuite rédigé des communiqués de presse et contacté des journalistes, blogueurs, chroniqueurs, tout en créant mon site internet auteur. J’ai également envoyé des emails à tous mes contacts pour leur demander de me soutenir, d’écrire des avis sur Amazon, de parler de mon ouvrage autour d’eux. J’ai également créé et fait imprimer des marque-pages que j’ai distribués dans les boîtes aux lettres autour de chez moi, à mes voisins, aux commerçants, etc.. J’ai participé au Salon du Livre de Paris et fait une séance de dédicaces. J’ai commandé un stock d’ouvrages et en ai offert à un certain nombre de journalistes et de personnes influentes. J’ai déposé quelques exemplaires à mon libraire de quartier et dans les librairies de mon lieu de vacances à l’île de Ré. Et bien entendu, j’ai communiqué régulièrement sur toute l’actualité du livre : épreuves, sortie officielle, réseau de diffusion, sortie de l’ebook, parutions dans la presse écrite ou web, etc. Cette partie-là m’a beaucoup amusée. Mon livre est devenu un produit en quelque sorte. Et même si je n’ai pas du tout l’âme commerciale ni commerçante, j’ai appris des choses et trouvé ça très intéressant. Désormais, j’ai un peu lâché la promotion du livre pour me tourner vers d’autres projets, mais je compte sur le bouche-à-oreille. L’avantage de l’autoédition c’est qu’on accélère ou on ralentit lorsqu’on le souhaite et qu’on reste maître de notre agenda.

Quels conseils donneriez-vous à un auteur qui souhaite publier ?

D’y croire férocement, car c’est le secret. Pour ma part, j’ai été finalement très heureuse de m’auto-éditer car c’est allé beaucoup plus vite, et surtout à mon propre rythme, que si j’avais été éditée. On y gagne une liberté absolue, mais on doit s’y investir à fond si on souhaite être lu. C’est un job à temps plein du moins pendant les premières semaines. Donc si j’ai un conseil à donner : c’est de s’y consacrer pleinement, sans quoi ça ne donnera pas grand-chose.

Autre conseil : s’offrir une ou plusieurs critiques professionnelles, car les proches vous donneront généralement un avis favorable et non objectif.

Enfin, ravaler sa fierté au contact des journalistes dans l’esprit desquels l’éditeur traditionnel est encore gage de qualité et de sérieux.

Si on veut se procurer votre livre, où peut-on le trouver ?

D’abord chez tous les libraires, sur simple commande (ce qui n’est pas possible lorsqu’on s’auto-édite sur Amazon). Ensuite sur Amazon France et étranger, Fnac, BoD (frais de transport en plus) Chapitre, Decitre, etc. Enfin, mon site www.dianedemonteynard.com affiche un lien direct pour se le procurer au plus vite.

 

 

J’espère que cet interview donnera des ailes aux futurs auteurs qui sont en proie au doute. N’hésitez pas à laisser un commentaire. Vous pouvez dans cet espace poser vos questions à Diane, je les lui transmettrai.

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