Avez-vous déjà franchi une côte à vélo en actionnant les freins ?

Avez-vous déjà franchi une côte à vélo en actionnant les freins ? Je pense que non. Est-ce qu’il vous est déjà arrivé de  « retoucher » sans arrêt ce que vous écriviez ? Vous venez à peine de finir un paragraphe que vous revenez dessus. Pire, vous le faites aussi pour une phrase et même pour un mot. Vous faites des allers-retours continuels. Vous corrigez sans arrêt car vous trouvez que ce n’est jamais assez bien.  Si vous n’êtes pas dans ce cas, abandonnez la lecture de cet article, car vous avez certainement mieux à faire. Mais si vous vous reconnaissez dans ce comportement, alors lisez-moi jusqu’au bout. Je peux peut-être vous aider.

Vous plaquez tout et jurez de ne plus jamais vous y remettre …

À force de corriger,  votre récit n’avance pas, vous avez l’impression de faire du surplace et vous faites effectivement du surplace.  Ce n’est pas par hasard si je vous ai demandé tout à l’heure si vous aviez déjà monté une côte en actionnant les freins. Parce que revenir sans cesse sur ce que vous avez écrit, c’est comme si vous montiez une côte à vélo en freinant continuellement. Vous finissez par vous décourager, vous avez l’impression d’être nul,  vous vous dites que vous ne savez pas écrire, que vous manquez d’idée ; vous plaquez tout et jurez de ne plus vous mettre à votre bureau jusqu’à la prochaine fois. Mais la prochaine fois, c’est encore la même chose. Quelle déception, car vous voyez ce livre que vous vouliez tant écrire s’éloigner petit à petit ! Pourquoi n’arrivez-vous pas au bout de votre livre ? Est-ce que vous en avez une petite idée ? Est-ce que vous pensez qu’il y a une solution ? Oui, il y a une solution. Oh, ce n’est pas votre talent qui est en cause, rassurez-vous, c’est simplement la méthode que vous utilisez. Ou plutôt, si je peux me permettre,  c’est l’absence de méthode.

Un œil perdu sur une immense toile blanche !

Imaginez un atelier de peinture.  Fabienne et Amélie, deux femmes peignent côte à côte devant leur chevalet et sur une petite estrade se trouve Aurélien, le jeune homme qui pose pour elle.  Fabienne peint déjà depuis quelques années tandis que pour Aurélie, ce sont les tout premiers pas en peinture. Sur sa toile, Fabienne fait d’abord une esquisse, elle trace de grands traits sur toute la surface, Aurélien apparait d’abord de façon vague, puis il prend forme peu à peu, son corps se dessine progressivement, les traits de son visage se font plus nets.  Cela a demandé tout un travail à Fabienne après une première esquisse, il lui a fallu corriger, peaufiner … Si vous regardez maintenant du côté  d’Aurélie, vous serez surpris de n’y voir qu’un œil perdu sur son immense toile blanche. Aurélie utilise constamment sa gomme depuis le début, elle cherche à donner une expression fidèle au regard d’Aurélien, mais elle a le sentiment de ne pas y arriver. Elle s’acharne et plus elle s’acharne, moins elle y arrive.  Découragée, elle finit par rendre ses pinceaux alors que le portrait d’Aurélien  sur la toile de Fabienne est presque achevé.

Ce n’est pas votre talent qui est en cause, mais …

Bien sûr, j’ai volontairement caricaturé cette histoire,  mais c’est un peu la même chose lorsqu’on s’acharne à corriger un paragraphe, une phrase, un mot au détriment de l’écriture proprement dite. On en voit jamais la fin. Tout à l’heure je vous ai parlé de méthode, ou plutôt d’absence de méthode. Je m’explique : En réalité, il y a deux étapes  essentielles dans l’écriture qu’il faut impérativement respectées : le premier jet et la relecture.   La première étape est ce qu’on appelle habituellement le premier jet. Pour ma part, j’aime aussi l’appeler l’écriture en roue libre. Au cours de cette étape, vous devez donner la priorité à l’inspiration, aux idées qui jaillissent, non à l’orthographe, ni même au style  ou à la façon de rédiger. N’analysez pas ce que vous êtes en train d’écrire, ne raisonnez pas, laissez votre esprit vagabonder. Écrivez avec le cœur et non avec la tête. Il me vient une autre image de l’inspiration, c’est un peu comme une rivière qui coulerait librement. Le fait de vouloir corriger les phrases à peine écrites, c’est comme si vous construisiez un barrage pour stopper le cours de cette rivière.  Rien de tel pour perdre le fil de son inspiration.

Ne défaites pas avec la tête ce que votre cœur a si bien exprimé !

Après le premier jet, il y a la deuxième étape, autrement dit la relecture qui donnera lieu à une réécriture et à la correction orthographique. Vous aurez alors tout le loisir d’enrichir votre texte,  de reformuler des expressions, de réécrire un paragraphe, voire un chapitre et bien sûr de corriger les fautes d’orthographe…  Après avoir écrit avec le cœur, vous relirez avec la tête. Mais avant cette deuxième étape, je vous propose de laisser reposer votre texte quelques jours, car vous êtes trop dedans. Votre texte se reposera et vous aussi. Prenez de la distance. Avec davantage de recul, votre vision sera plus claire, plus perçante, vous verrez des choses que vous n’aviez pas vues au moment de l’écriture.  Mais sachez mettre à votre texte un point final sans tourner en rond des heures et des heures. Ne défaites pas avec la tête ce que votre cœur a su si bien exprimer. Ne cherchez pas à tout prix la perfection, sinon votre livre ne verra jamais le jour, il restera à l’état de rêve. Alors, quelle frustration ! Patrick du Boisbaudry Et surtout, si cet article vous interpelle, n’oublier pas de laisser un commentaire !

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