conseils pour écrire des bons dialogues

Tout d’abord, une question. Les dialogues sont-ils indispensables ? Non, les dialogues ne sont pas indispensables. Un récit de vie sans le moindre dialogue peut se révéler très bien écrit et passionnant. 

Il est même préférable de se passer de dialogues plutôt que d’en écrire qui sonnent faux. Il n’y a rien de pire pour le lecteur. Bref, si vous ne vous sentez pas à l’aise avec ce mode d’expression, abstenez-vous !

Si vous êtes à l’aise dans l’écriture des dialogues, ce n’est pas non plus une raison pour en truffer votre autobiographie. Cela peut devenir très indigeste à moins de raconter votre histoire sous la forme d’une pièce de théâtre. Pourquoi pas, après tout. Cela pourrait être une bonne idée, du moins originale. 

Ces précisions faites, l’utilisation de dialogues a des vertus  que l’on ne soupçonne pas et on aurait tort de s’en priver.

 

4 raisons d’écrire des dialogues

 1) Un message  plus fort

Le dialogue permet de faire passer des messages de façon différente et souvent beaucoup plus forte que dans le style indirect.

 

Exemple : Aurélien s’approcha d’Aurélie et dit, la voix tremblante :

 

  • J’ai quelque chose d’important à te dire !
  • Je t’écoute Aurélien.
  • Je t’aime !

 

En style indirect, cela aurait donné à peu près ceci : “Aurélien déclara à Aurélie qu’il l’aimait.” Avouez que dans ce cas, le dialogue est beaucoup plus percutant.

 

2) Plus de rythme

En écrivant un dialogue, on abandonne la narration au temps passé pour écrire au présent.

Cette alternance de temps donne du rythme au récit. Elle le rend plus vivant.

J’ai quelque chose d’important à te dire (au lieu de : il avait quelque chose d’important à lui dire).

 

3) Plus de vie

Les personnages dont vous racontez l’histoire vont se mettre à parler et donc à vivre comme par miracle.

Le narrateur (vous) s’efface pour les laisser s’exprimer.   Votre récit n’en sera que plus dynamique.

 “Je t’aime !”

 4) De l’émotion

Le dialogue permet de traduire l’émotion d’un personnage …

souvent de façon plus efficace qu’en écrivant de longues phrases ou de longs commentaires.

Aurélien dit, la voix tremblante, …

 

 7 conseils pour des dialogues qui sonnent juste

1° Un style adapté aux personnages

Le style de ceux qui s’expriment doit être en rapport avec leur statut, leur rang social, leur caractère, etc.

Un enfant ne s’exprime pas comme un grand-père ou un homme d’affaires comme un poète, ou encore une honorable mère de famille ne parle pas comme un voyou.

 

2) Pas d’écriture trop littéraire

Il faut bien sûr éviter d’être trop littéraire, à moins d’écrire des pièces de théâtre comme Racine ou Corneille.

  •  Va, je ne te hais point.
  • Tu le dois.
  • Je ne puis.

Ne pas tomber non plus dans l’excès inverse en faisant une caricature de langage parlé :

Oh ben oui alors, je te dis pas le truc. Lourding le mec si tu savais !

 

3) Le dialogue doit enrichir le récit

Le dialogue doit être utile, apporter des informations utiles qui font avancer le récit.

Surtout pas comme ceci :

  •  Vous voulez un café ?
  • Oui je veux bien !
  •  Alors, à ce soir ! 
  • Oui, à ce soir ! 

4) Des personnages mis en scène

Enrichissez vos dialogues en mettant les personnages en scène :

  •  Et alors, ça te regarde ? » répliqua Rosalie, affalée sur le canapé.
  • Parfaitement, ça me regarde ! » dit Julien en pianotant sur son téléphone portable.

 

5) Des émotions sans grand discours

Dans ces deux exemples, l’auteur fait bien passer les émotions des personnages :

  •  Tu m’en veux vraiment ? » demanda Isabelle, la voix tremblante.

Ou encore

  •  Il n’en est pas question ! » martela son père.

 

6) Pas de dialogues qui s’éternisent 

Ne soyez pastrop bavard au risque de tuer le dynamisme du dialogue.

Évitez les longs paragraphes, les répliques doivent se succéder rapidement.

7) Des stratagèmes pour animer vos dialogues

Un personnage pourra interrompre son interlocuteur ou refuser de lui répondre ou changer volontairement de sujet, ou même opposer un silence glacial !