“C’est mon frère de huit ans mon aîné qui m’a raconté, non sans une pointe d’humour, le jour de ma naissance. Apparemment, une grande partie de la famille était là, dont mon parrain Jules et ils attendaient au salon. Ma mère était en haut dans la chambre avec la femme de mon parrain, Gustavine. Quand j’ai enfin daigné pointer le bout de mon nez en dehors du nid douillet que j’avais mis neuf mois à me construire, j’ai poussé mes premiers cris.
– Gustavine, qu’est-ce que c’est ? lui a crié mon parrain du bas de l’escalier
– Verdomme ! C’est encore un gamin !
 (Extrait de 5186 jours)

Philippe Hennuy raconte sa propre histoire dans sa Belgique natale. Une écriture authentique, pleine de sensibilité !

Vous avez écrit «5186 jours », s’agit-il d’une autobiographie ou d’un roman ?

Il s’agit de ma biographie.

Est-ce le premier livre que vous écrivez et que vous publiez ?

Oui, c’est mon premier ouvrage.

Quand avez-vous eu le projet d’écrire un livre ?

Comme je l’explique dans ce livre, l’idée m’est venue il y a plus de 30 ans. Cela a mûri tout ce temps dans ma tête. Et il y a 2 ans, c’est grâce à une amie qui m’a convaincu que j’étais « prêt » que j’ai finalement concrétisé le projet.

Pourquoi avez-vous décidé d’écrire un livre ?

Pour plusieurs raisons : mes filles ne connaissent pas la période de ma vie avant que je ne connaisse leur maman. Pour mes petits-fils aussi, afin que, justement, leur maman puisse répondre à leurs questions (s’ils en posent un jour). Enfin, pour les jeunes d’aujourd’hui qui sont en institutions (ou l’équivalent de la DDASS chez vous, en France).

“5186 jours” Pourquoi avoir choisi ce titre ?

Le titre a été une évidence immédiatement. Vu que je relatais l’essentiel de mon séjour dans des institutions, j’ai pensé que faire figurer le nombre de jours exacts pouvait susciter l’intérêt des lecteurs potentiels. Et d’après les échos reçus, c’est le cas ..

Quels messages avez-vous voulu faire passer ?

J’essaie d’expliquer aux jeunes qu’être placé en institution, ce n’est pas la fin de leur vie, mais peut-être le début d’une nouvelle vie plus belle. Qu’il est également très important de bien s’entourer (amis, conjoint, …) pour après, quand on en sort, même si on ne sort pas indemne de cela.

Combien de temps avez-vous mis à écrire ce livre ?

J’ai mis 30 ans à l’écrire dans ma tête. Puis, quand l’écriture a vraiment commencé, il m’a fallu une année complète à laquelle il faut rajouter 6 mois de corrections et relectures. Enfin, 1 mois de mise en page.

Quels ont été les obstacles les plus durs à franchir ? Quelles difficultés avez-vous rencontrées ?

Le premier obstacle à franchir était de savoir comment j’allais le structurer. Une biographie est censée être chronologique dans le temps, en partant du passé pour revenir vers le présent. Comme ma mémoire m’était très infidèle sur ce point-là, j’ai donc décidé de la raconter par thème, comme par exemple l’enfance, l’école, les scouts, les amis…

Les difficultés rencontrées ont été l’utilisation du vocabulaire (problème de redites …), et surtout la mise en page finale. Étant autodidacte sur Word, j’ai commis beaucoup d’erreurs, par ignorance surtout. J’ai compris aujourd’hui qu’il fallait d’abord avoir une vision de la mise en page définitive du récit, avant de le commencer, afin de justement, pouvoir paramétrer Word, et faciliter la tâche. Je pense aux marges, retrait, table des matières …

Définir le format du livre et la police de caractère avant de commencer à rédiger est également très important, cela permet de gagner énormément de temps pour la finalité.

Avez-vous connu des moments de découragement ? Avez-vous failli abandonner ?

Personnellement, les moments de découragement sont apparus lorsque l’écriture et  les corrections ont été terminées. La mise en page m’a pris beaucoup de temps, et énervé. D’où mes remarques pour la question précédente. En outre, un problème indépendant de la mise en page en soi s’est manifesté lors de celle-ci : mon PC a buggé pendant plusieurs jours. Donc, j’ai dû remettre en page plusieurs jours de suite, et cela, ça m’a vraiment découragé.

Ensuite, les jours qui ont précédé la publication ont été très stressants. Maintenant, je suis atteint de ce que j’appelle le booky blues (le blues de l’écriture). Je « m’ennuie ».

Qu’est-ce que l’écriture de votre autobiographie vous a apporté sur le plan personnel ?

Je vais retranscrire ce que j’explique dans le livre, à ce propos :

Écrire ce livre a été une dure épreuve, surprenante et inattendue. Le voyage a été très long et le trajet, très sinueux. Je partais dans l’inconnu. Alors que tout ce que je racontais était une suite d’événements heureux, je me suis surpris plusieurs fois à pleurer, et à devenir nostalgique.            

Je comprends beaucoup mieux maintenant les personnes qui disent que le fait de coucher leur vie sur du papier a des vertus thérapeutiques. Je suis plus serein aujourd’hui, certaines colères se sont dissipées, d’autres sont toujours latentes.

Comment votre livre a-t-il été reçu dans votre entourage proche ?

Mon livre reçoit énormément d’échos positifs de la part de mes amis ou autres personnes travaillant dans le service d’aide à la jeunesse. Des conférences sont déjà même prévues dans ces institutions. Par contre, les membres de ma famille directe n’ont pas encore lu le livre.

Avez-vous l’intention de le publier ?

Oui, c’est fait, mais en autoédition. Les coûts d’une maison d’édition sont assez élevés (lecture, corrections …). C’est pourquoi j’ai tout fait à mes frais, sous mon entière responsabilité et dépendance.  Donc, je « contrôle » tout. Le gros inconvénient, c’est que toute la partie Promo m’appartient, et que j’utilise mon réseau social et amis pour la diffusion et la vente. Et cela se passe très bien jusqu’ici.

Avez-vous toujours eu l’intention de publier ou cette idée est-elle venue plus tard ?

J’ai toujours pensé qu’il était logique que mon livre devait servir à quelque chose. Si c’était juste pour le plaisir de l’écrire, je ne l’aurais pas fait. Donc, le publier pour le faire vivre me semblait une évidence dès le départ.

Écrire un livre relève souvent d’un long parcours comme vous le démontrez et cela exige beaucoup de travail. Un grand nombre d’entre nous commencent mais ne finissent pas. Selon vous quelles erreurs faut-il éviter pour mener à terme un tel projet avec toutes les difficultés que cela suppose ?

La première erreur à ne pas commettre est de ne pas écrire ce que vous avez envie d’écrire (livre, poème, autres…). Vous avez envie de le faire, faites-le ! L’erreur suivante à éviter est de ne pas terminer ce que vous avez eu envie de commencer à écrire. Quel que soit le temps qu’il vous faut pour tout terminer, terminez. Cela vous évitera beaucoup de frustrations. Ensuite, n’attachez pas d’importance aux qu’en dira- t-on, les cancans, les ragots, les moqueries … J’ai comme devise : le regard des autres ne me regarde pas, et je me moque complètement de ce que l’on peut penser de moi, ou de ce que je fais. Cela peut bloquer certaines personnes dans leurs initiatives, moi cela me booste. C’est pourquoi : foncez.

Une erreur à éviter surtout, c’est de penser qu’on est seul pour écrire. Certes, le contenu nous appartient, mais tout ce qui tourne autour (orthographe, recherches historiques éventuelles, utilisation de Word ou autre …) existe également, et il faut l’utiliser. Personnellement, je me suis fait aider par une amie biographe pour la remise en plus belles phrases de mes souvenirs. Il faut faire preuve de beaucoup d’humilité pour cela.

Quels conseils donneriez-vous aux personnes qui envisagent d’écrire leur autobiographie ?

Je dirais qu’une personne qui a envie d’écrire sa biographie doit, avant tout, être prête. Si elle n’a pas fait le deuil de certaines choses, événements ou personnes, cela peut s’avérer plus compliqué. Mais cela dépend d’une personne à l’autre, bien évidemment.

Si ou quand la personne est prête, elle doit alors commencer à noter sur des feuilles qu’elle conservera (ou le PC est pratique pour cela), les souvenirs qu’elle veut raconter ou mentionner. Elle doit également penser au déroulement structurel du livre : ordre chronologique, par thèmes, autre …

Elle doit relire et relire et relire sans cesse : un accent oublié, une virgule inutile, une majuscule … est monnaie courante.

Ensuite, renseignez-vous pour l’impression, si votre désir est de le publier vous-même. Les prix vont du simple au triple, parfois.

 

Pour vous procurer le livre de Philippe, ou simplement pour lui dire que vous êtes sensible à sa démarche, rendez vous sur sa page Facebook .

 

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